Monday, September 22, 2008

Le hold up électoral se précise : Gbagbo tombe sous le charme de Mugabe

“Si l`on ne respecte pas le président élu en Afrique du Sud, au Zimbabwe, au Kenya, en Angola, on ne le respectera pas en Côte d`Ivoire ...Nous sommes obligés de les soutenir pour qu`en retour, on nous respecte aussi. Tel est le sens de notre diplomatie…Je soutiens donc le président M`Beki. Je le soutiens fortement et j`approuve sa méthode de négociation." Ce sont les quelques propos du chef de l`Etat Laurent Gbagbo, rapportés par Fraternité Matin dans sa publication d`hier. Que le chef de l`Etat ivoirien le dise, cela ne surprend guère l`homme lucide pour le juger sur ses actes. Il s`inscrit dans sa logique de fonctionner dans l`informel politique. Le numéro 1 de l`accord de Ouagadougou -Soro étant le numéro deux- ne cite pas ces pays de l`Afrique australe par hasard. Ce sont des pays portant les stigmates d`élections bâclées, où la misère reste le quotidien des populations. Tandis que le chef de l`Etat, manifestement mal inspiré par le despotisme et le népotisme, véritables signes de démocratie tropicalisée, dirige le pays. Où qui perd gagne. En attestent quelques exemples clés. Au Kenya, Moï Kibaki a fait un braquage des urnes. Mais, il partage, aujourd`hui, le pouvoir après un bras de fer avec son adversaire. Au Zimbabwe, Mugabe, le leader de la Zanu se croyant toujours dans la lutte anticoloniale, revendique une légitimité historique en qualité de père de l`indépendance de l`ancienne Rhodésie du Sud devenue Zimbabwe. Au Rwanda, Paul Kagamé, (son nom Kagamé signifie palabre en langue swahili) est fortement trempé dans le génocide perpétré dans son pays, suite à l`attentat aérien contre le président élu Juvenal Habyarimana au début des années 90. Au soudan, Omar El Béchir est sur la liste de la Cour pénale internationale. Ce sont ces individus que le "Woody" soutient et qu`il pourrait imiter lors des prochaines joutes électorales qu’il est convaincu de perdre, il pourrait entretenir des similitudes avec ces derniers ou envisager les imiter. Qu`entend-on par "respecter le président élu"? On a traité, ici même, des chefs d`Etat africains de rigolo. Le soutien à Thabo M`Béki annonce clairement que le président Gbagbo souhaite que ce dernier se prépare à venir intervenir dans le braquage électoral que le FPI se prépare à faire en novembre prochain. De sorte que, si l`imbroglio s`installait, le chef d`Eta sud-africain soit appelé à la rescousse pour procéder au partage du pouvoir entre le FPI et l`opposition. Mais qui, dans ce contexte, va signer décrets et ordonnances ? Qui va nommer les ministres et commander le gouvernement ? Issu d`élections calamiteuses contre le général Guéi et proclamé président élu avec l`appui de la gendarmerie et de la RFI, le candidat Gbagbo est en avance sur Mugabe et Kibaki du Kenya. "Je soutiens donc Thabo Mbeki. Je le soutiens fortement et j`approuve sa méthode de négociation". De quelle méthode s`agit-il ? Paradoxe ou volonté manifeste de travestir les faits. Rappelons cependant, pour la gouverne des refondateurs, que dans la crise ivoirienne, le Sud-africain Thabo Mbeki avait joué les bons offices. S`il n`a pas obtenu la paix en son temps en Côte d`Ivoire, c`est que sa médiation avait échoué. Question : si après avoir échoué à Abidjan, Thabo Mbeki est adulé, que devrait dire le n°1 de la refondation du président Blaise Compaoré, le Facilitateur de l`Accord de Ouagadougou ? Le moins qu`on puisse dire, c`est que le FPI a sa raison sur certaines questions que la raison ignore. Mais la Côte d`Ivoire faisant souvent exception à la règle, elle ne sera ni le Kenya, ni le Zimbabwe, encore moins le Rwanda, le Soudan et l`Angola. Ce, malgré le hold-up électoral qui se profile à l`horizon.Marc Koffi

http://www.lenouveaureveil.com/a.asp?n=304252&p=2023

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