Monday, September 22, 2008

Réponses aux questions des journalistes

Un coup d'Etat alors que je suis nourri et blanchi ?Ce sont des questions pertinentes auxquelles nous allons tenter de répondre. Je vous remercie, vous, les journalistes. Il y a une question qui est revenue. Concernant mon retour. L'ANSI n'est pas un organe public. Mais pour les besoins, je vais en parler. J'ai parlé de "convaincre". Si vous avez suivi, j'ai dit en 2002. Déjà le 17 novembre 2000, j'avais été affecté aux Etats-Unis. Mais ce sont les procédures d'accréditation qui ont traîné. Finalement en 2001, je suis allé à mon poste. Mais avant de partir, j'étais au cabinet du président de la République. Je suis revenu en 2002 pour une mission. Ça a été dur. J'étais constamment harcelé par cette affaire de coup d'Etat. Des officiers se sont déportés chez le président de la République pour lui dire que j'étais en train de faire un coup d'Etat. Alors que c'est la présidence de la République qui me loge, qui me nourrit et me blanchit. Le ministre de la Défense savait exactement où j'étais. Eux-mêmes, ils ont été surpris que des collègues aillent les réveiller la nuit pour leur dire que je vais faire coup d'Etat. Je ne vais pas entrer dans les détails. Mais c'est un élément très important. Un jour, j'étais au ministère de la Défense quand un individu s'est mis à parler de moi. Je devais rencontrer un colonel qui s'occupait des renseignements de sécurité et de la Défense. Celui-ci est venu vers moi pour dire de ne pas décliner mon identité dès que j'entre dans le bureau. Car une surprise m'attendait. Je ne m'annonce pas effectivement. Là, je vois un quidam que je ne connaissais pas qui parlait.J'ai surpris quelqu'un en train de parler de moiLe commandant Oulata est rentré avec 400 hommes de Burkina. Ils se sont entraînés à fond au Burkina Faso. Ils sont entrés par le Ghana. Il a des gens qui l'ont sponsorisé que je ne vais pas citer. Ils sont rentrés avant-hier. A l'heure où on parle, ils sont à Niangon. Et donc le commandant Oulatta est rentré au pays. Etc. Etc" Heureusement, c'était devant le directeur de la Sécurité du ministère de la Défense. On parle de moi sans me connaître. J'ai demandé : "Le commandant Oulatta, il est comment ? Puisqu'il est rentré pour faire un coup d'Etat, il faut qu'on donne ce signalement à la police et à la gendarmerie. Alors, il faut le décrire un peu. Il dit : "C'est un monsieur gaillard, avec des moustaches". Franchement, là, je n'ai pas tenu. Je me suis levé pour demander au colonel de faire arrêter cet imbécile-là. C'est moi le colonel Oulatta. Il est tombé à la renverse. Le colonel a fait appel à la brigade et on lui a mis les menottes aux mains. J'aurais dû porter plainte. Mais je ne l'ai pas fait. Je m'en réfère aux autorités, on me dit laisse tomber. Où sont les gens qui disent que je veux faire un coup puisque ce sont des officiers qui le disent.Des officiers se font peur et rasent les murs pourdénoncer leurs frères d'armesSi dans la confrontation, ils ont raison de moi, que la gendarmerie vienne me menotter et qu'on m'emmène. Mais si je les confonds, qu'on leur dise de ne plus recommencer parce que je suis fatigué. Protégez-moi. Regardez tout ce qui se dit, vous allez finir par croire à ça. Mais ça continue. C'est dans ce contexte que je suis reparti aux Etats-Unis. Et quand la guerre a commencé. Ça a été grave. On a annoncé que j'étais à Lomé, à Ouaga, au Burkina. Alors que depuis que je suis parti d'Abidjan en juillet 2002, je ne suis pas sorti de Washington District où j'étais. Mon passeport peut le prouver. Pourtant, on m'annonçait partout dans le monde. Pensez-vous que dans ce contexte, je devais revenir. On a dit que je faisais partie de la rébellion. Vous voyez tout le désordre entraîné par la guerre. Tout était possible ici. Je voulais faire la guerre, On m'a affecté en AllemagneEt les gens qui s'attaquent aux ennemis de la Côte d'Ivoire n'ont pas forcément tort. Quand on t'a présenté parmi les ennemis de la Côte d'Ivoire, même à tort, les gens ne savent pas. Voilà pourquoi, il ne fallait pas m'exhiber à Abidjan. Je ne pouvais pas. Dans quelles conditions, j'ai été relevé de mes fonctions pour venir ? Je suis assis là et l'ambassadeur m'appelle. "Mon colonel, voici un message". Je prends le message qui dit que je suis affecté en Allemagne. J'ai été un peu surpris parce qu'auparavant, il m'a été promis un certain nombre de responsabilités pour aider à la guerre. On était en plein 2004. Vous savez ce qui s'est passé vers la fin de 2004, novembre 2004. Je devais rentrer pour aider, seulement aider efficacement. A ma grande surprise, on me dit que je suis affecté en Allemagne. Je ne suis pas un diplomate pour courir d'ambassade en ambassade. Je suis un officier d'infanterie. Je voulais rentrer dans mon pays pour faire la guerre. Faut-il que je fasse "j'ai l'honneur" pour venir à la guerre ? Jusqu'à présent, je n'ai pas encore compris. Comment je suis quelque part, il y a la guerre dans mon pays, je ne peux pas venir faire la guerre. Ça me fait mal jusqu'à présent. Je ne peux pas comprendre. On me dit que je vais en Allemagne. La méfiance du ministère de la DéfenseQu'à cela ne tienne. J'ai appelé à la Défense pour me renseigner sur les conditions de ce revirement. Les services de renseignements m'ont dit : "Non, ce n'est pas grave." C'est bon ok ! Je vais y aller. Il était question d'inscrire les enfants à Berlin. Quelqu'un a été envoyé par la Direction financière de la Défense. Une mission pour m'accompagner en Allemagne. Je fais mes bagages. J'appelle pour confirmer le voyage. On me dit : " Mon colonel, Abidjan dit de surseoir à ça ". L'affectation a été décidée en juin et devait être effective en août. Puis plus rien. J'étais là et je ne faisais rien.Un militaire en exil, même seul, est dangereuxUn militaire ne doit pas être désoeuvré. Il ne doit pas rester en exil. Ça ne sert à rien. Même en étant en exil, c'est dangereux. Il faut toujours éviter de minimiser un militaire en exil même quand il est seul. Moi, j'appartiens à l'infanterie. C'est-à-dire je suis un véritable militaire. J'ai choisi le métier des armes parce que c'est ma vocation. J'ai laissé les études avec la Licence d'Histoire contemporaine. Je suis enfant de militaire. Je le suis parce que c'est le métier qui me convient. Je suis commando parachutiste. Je peux sauter de 4000 mètres d'altitude. Il faut être courageux pour le faire. En juin 1989, j'ai conduit l'expédition pour sécuriser la frontière sud du pays avec le Libéria. Mes troupes étaient stationnées à Pekan à la frontière où passe la rivière Nyon.C'est le général Lacaze qui m'a recommandé au général GuéïC'est là-bas que le général Guéi m'a vu. Après une démonstration d'atterrissage de son hélico, le général Lacaze lui a conseillé de me prendre comme aide de camp. C'est comme ça que je me suis rapproché de Guéi. Le samedi 21 octobre 1995, dans les mouvements du Front républicain, j'ai fait 2 ans de prison. Je peux citer des compagnons d'infortune tels que Moissi Grena... Puis j'ai pris la route de l'exil grâce à des amis. C'est pour dire que des gens se font peur. Ils redoutent leurs frères d'armes parce qu'ils sont jaloux de leur force et de leur parcours.Pas besoin de répondre au nom de la paixJe peux exercer mon droit de réponse qui est cette conférence de presse. Mais je préfère ne pas porter clairement plainte au nom de la paix et de la réconciliation. Pour ce qui concerne la justice, je laisse le soin à mon avocat de décider. Quant à moi, je pardonne en laissant le châtiment à Dieu. Concernant le contentieux immobilier, il y a beaucoup de faux. Et ce sont des individus qui espèrent prospérer dans cette affaire qui traîne depuis 2002. Le nouvel acquéreur détient de faux papiers. Je lui ai demandé le titre de propriété qu'il n'a pas. Quels sont ses papiers ? Qui lui a vendu la maison ? Il est incapable de répondre. Tantôt le vendeur est à Yopougon, tantôt à Dimbokro. L'ANSI joue son rôle de surveillance d'éléments dangereuxLa question de l'ANSI est difficile. Ce sont des choses sensibles dont on ne peut pas parler en public. Car ça relève des secrets d'Etat. C'est son devoir de protéger et de surveiller. Ce n'est pas une surprise si elle me surveille. Je dois être surveillé pour des questions de sécurité nationale, elle est dans sa logique en agissant ainsi. J'approuve la surveillance dont je fais l'objet. Si l’ANSI ne me surveillait pas, je dirais qu’elle ne fait pas bien son travail.Chacun a sa préoccupationJe voudrais faire des précisions. Ce n'est pas ma préoccupation que des militaires reviennent au pays. Qui est venu ? Qui n'est pas venu ? Ce n'est pas cela qui importe pour moi. Je ne peux pas répondre à la place de Doué. Je dis néanmoins que pour la paix et la réconciliation, moi, je suis rentré avec l'accord de l'ANSI. Pour les autres, je ne peux en parler parce que je ne connais pas leur position. Ils n'ont d'ailleurs pas de contact avec moi. Je suis rentré et je pense que mon intégration est réglée. Je n'ai pas de problème. Je dis merci au Président de la République, aux généraux de l'armée notamment le chef d'Etat major Philippe Mangou. Vous voyez bien que je fais cette conférence parce qu'elle a été autorisée par la hiérarchie militaire. L'armée ivoirienne a un projet de réorganisationJe n'ai pas de jugement à donner parce que j'en fais partie intégrante. Si je dis qu'on n'a pas d'armée, je me contredis. Moi, je préfère m'en référer à l'organisation qui dépend du Président de la République Gbagbo et qui doit se faire selon les accords. Des remerciements en guise de conclusionJe remercie la presse qui a répondu massivement présente. Je dis merci à Dieu, à mon grand frère qui est satisfait de cette conférence de vérité. Merci également aux familles alliées. Je me tiens à la disposition des journalistes pour d'autres informations me concernant dans l'avenir.Propos recueillis par Marc Koffi

http://www.lenouveaureveil.com/a.asp?n=304111&p=2022

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