Wednesday, September 24, 2008

Plus homme d’affaires que Chef d’Etat

La politique et les affaires ne font pas bon ménage, dit-on. C’est peut-être ce qui a perdu le président Thabo Mbeki. Car durant ses deux mandats, le successeur de Nelson Mandela s’est montré plus homme d’affaires que politique. Médiateur dans plusieurs crises sur le continent, l’ancien président de l’Afrique du Sud a profité de sa position pour nouer de juteux contrats. Au détriment de sa mission. En République Démocratique du Congo, Mbeki avait saisi l’opportunité de sa médiation dans la crise congolaise pour faire signer des contrats mirobolants à certaines entreprises sud-africaines. C’est à la faveur de ses bons offices en RDC que la super entreprise aurifère Anglogold a fait une bonne affaire en achetant et rachetant des mines et des sociétés congolaises en déclin opérant dans le secteur. Sans compter une percée dans la téléphonie mobile. Moyennant bien sûr de lourdes commissions au passage pour lui et ses hommes. En route, le président Joseph Kabila a pu bénéficier du soutien de l’ancien locataire du palais présidentiel de Pretoria dans les pourparlers intercongolais de Sun City à l’issue desquels il s’en est sorti avec le poste de président de la République, malgré la contestation, et ses adversaires avec celui de vice-président. Cette expérience, le président Thabo Mbeki l’a renouvelée en Côte d’Ivoire. Choisi au pied levé pour succéder au président Olusegun Obasanjo du Nigeria, le fils de Govan Mbeki qui avait bien commencé sa médiation, finira par prendre fait et cause pour le président Laurent Gbagbo. Au nom d’une prétendue renaissance africaine. Mbeki voulait se convaincre que Laurent Gbagbo était victime de sa lutte contre le néocolonialisme français. Mais à la vérité, le champion de la Refondation avait réussi à acheter celui-là même qui avait demandé au lendemain de son élection calamiteuse de «reprendre l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire». Parce qu’elle ne répondait pas, selon eux, aux critères démocratiques. L’actuel locataire du Palais du Plateau, n’avait-il pas déclaré au cours d’un entretien que, s’il savait que l’argent pouvait corrompre aussi facilement les gens, il n’allait pas acheter autant d’armes? Devant la neutralité et l’impartialité que lui commandait son statut, l’ancien vice-président de Nelson Mandela a opté pour le parti-pris. Il a pesé de tout son poids au risque d’entamer son honorabilité, pour sauver le régime de celui qui lui a livré sur un plateau d’argent, le numéro deux de la téléphonie mobile en Côte d’Ivoire Telecel, une partie de la CIE notamment concernant les compteurs prépayés. Sans oublier les contrats signés dans le secteur de l’hydrocarbure. Une attitude qui a obligé ses pairs africains à lui retirer sa confiance et à confier le dossier à l’Union Africaine et à la CEDEAO. Aujourd’hui, ce sont ces hésitations et compromissions qui le rattrapent. Puisque l’ANC, son parti, lui a retiré sa confiance. Parce qu’il a tenté dans le procès pour corruption de Jacob Zuma, son ancien vice-président, d’influencer la justice. Sans succès. JCC

http://www.lepatriote.net/lire/37029418-79e2-45b4-bf9e-316120df086e.aspx

No comments: